La démocratie participative, souhaitée par Ségolène Royal lors de la précédente campagne présidentielle, rattrape aujourd’hui Nicolas Sarkozy, candidat à sa propre succession depuis le 15 février dernier. Les médias parlent : c’est la machine politique qui se remet en marche titrent les uns ; les membres du PS parlent de la fin d’une « hypocrisie », d’un « non-événement ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que la candidature du Président était loin d’être une surprise. Et pourtant, il a suffi d’une annonce pour créer le buzz. Les nombreux commentaires, même ceux dépréciatifs, des opposants de Sarkozy, n’ont fait qu’attirer l’attention sur le lancement de sa campagne. Jusque-là, tout va bien dans les rangs de l’UMP. Le plan se déroule à la perfection, même si l’espoir qu’entretenait Nicolas Sarkozy de rattraper son concurrent direct François Hollande reste déçu.
Ce qui n’avait pas été prévu en revanche, c’est cette autre campagne, ou plutôt cette anti-campagne que mène la population contre Nicolas Sarkozy. Sur la toile, la démocratie participative prend le relais. Les sites s’opposant au candidat UMP se multiplient. Rue 89 donne jusqu’à « 600 raisons de ne pas voter Sarkozy ». Une fausse page facebook a été créée pour le Président, suivant le modèle du « journal facebook ». La page retrace la vie politique du candidat, souligne à l’envie toutes les incohérences de son discours à travers les années et tous ses échecs. Les moqueries adressées par certains sur de faux comptes twitter avaient également alimenté la polémique, poussant les conseillers de campagne du Président à demander la fermeture des comptes en question pour usurpation d’identité. Cette anti-campagne s’érige à l’encontre de celle menée officiellement par Sarkozy, sans pour autant se revendiquer d’un bord politique particulier.
Dans l’arène politique, les lions Sarkozy, Hollande, Le Pen et compagnie continuent de s’affronter en étant totalement aveugles à cette mouvance citoyenne. L’issue de la campagne devient plus importante que ceux qui finiront pourtant par y mettre un terme. Il faudrait que le candidat Sarkozy se rende compte de cette double campagne dont il est le sujet, qu’il prenne conscience de cette voix du peuple plutôt que de l’ignorer ou de la faire taire comme ce fut le cas sur twitter. Mais il faudrait surtout que toutes les femmes et les hommes politiques cessent de se battre pour gagner, et qu’ils commencent à se battre pour le peuple.
Thomas Weill

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